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Christian Carayon — Le diable sur les épaules

Christian Carayon Le diable sur les épaulesAu cours de l’année 1924, un village isolé des montagnes tarnaises et menacé d’extinction est le théâtre de plusieurs assassinats atroces. Déjà les langues se délient et certaines superstitions ressortent… Malgré tout, la jeune institutrice Camille refuse de céder à ces croyances d’un autre âge et appelle à la rescousse son ami d’enfance. Cet ancien criminologue, connu pour ses enquêtes autour du paranormal et qui ne voit dans ces morts suspectes que des crimes perpétrés par la main de l’homme, va mener l’enquête à sa façon… mais l’assassin l’a positionné sur son échiquier diabolique. Tout n’est désormais que tactique et manipulation. Christian Carayon, 42 ans, agrégé d’histoire et professeur en lycée. Véritable cinéphile, il est également féru d’écriture depuis son enfance. Il signe là son premier thriller. Il vit dans la Sarthe.

 Mon avis

Un livre qu’on ne peut plus reposer, voilà le genre de bouquin qu’est Le diable sur les épaules. L’histoire se déroule dans un village perdu de montagne du Sud-0uest. Christian Carayon en bon historien installe son décor : Une France qui sort à peine de la Première Guerre mondiale. Encore plus que les grandes villes, les villages sont marqués durablement par le conflit.
Des secrets rôdent dans chaque fossé, dans chaque regard, dans chaque silence. Alors quand des crimes atroces sont commis, l’institutrice du village fait appelle à son ami d’enfance, et ancien prétendant, Martial, membre d’un cercle de criminologie, spécialisé dans les affaires non résolues.

Martial, va tenter de résoudre cette affaire où les suspects se succèdent et tous ont des choses à se reprocher. Mais voilà les rumeurs vont au-delà et désignent des coupables jusque parmi des fantômes revenus régler des comptes. Dans ce livre Christian Carayon oppose l’intelligence analytique de l’enquêteur — non seulement à la paresse et à l’amateurisme de gendarmes qui classent bien vite le premier meurtre dans la rubrique « accident » — mais aussi aux superstitions des villageois. Elles, par contre, sont tenaces, et vous cernent de tous côtés. Alors, laissez-vous glisser dans l’atmosphère obscure du village
de La Vitarelle et dévorez ce roman.

Ce que j’ai aimé ou pas

L’histoire file à toute vitesse. Bien que le roman soit épais, plus de 500 pages, il se lit quasi d’une traite. Les rebondissements se succèdent, sans qu’on puisse s’arrêter sur un coupable en particulier.
Le style de Christain Carayon convient parfaitement à l’intrigue et au décor. On croirait lire un bouquin écrit à cette époque. Le style est soutenu et on retrouve des expressions typiques des livres écrits dans les années 30.
L’auteur n’oublie pas d’agrémenter son livre de toute une série d’informations sur la sociologie des villages de montagne du début du XXe siècle. L’enquête va de pair avec les relations complexes qu’entretiennent les différents personnages. Entre Martial et Camille (l’institutrice), les choses ne sont pas réglées.
L’intrigue, un peu complexe au début, pourra désarçonner plus d’un lecteur. Mais il ne faut pas hésiter à passer le cap des 3 ou 4 premiers chapitres pour commencer à s’enfoncer dans le récit.

 

La plume de Christian Carayon

« La peur n’était plus tapie dans l’ombre comme habituellement dans ce village isolé. Se taire ne suffisait plus à l’étouffer. Elle avait surgi de son repaire. »

 

Interview

Christian Carayon, auteur discret qui parfois se confie, notamment à La Dêpeche.fr

Le diable sur les épaules de Christian Carayon, 2012. 510 pages. 13,68 €

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